La maladie d’Alzheimer (et
les pathologies apparentées)
:
La maladie d’Alzheimer est une affection fréquente
(près de 1 million de malades en France) responsable
de troubles intellectuels (pour des renseignements cliniques
plus précis, consulter le site de l’Association
France Alzheimer (http://www.francealzheimer.org).
Ces troubles ont une cause physique, constituée
par des modifications qu’il est possible d’identifier
au microscope (des « lésions »).
Deux grands types de lésions sont observés
: celles qui sont en rapport avec le dépôt,
dans les interstices qui séparent les cellules
(l’espace extracellulaire), du peptide Aß
et celles qui sont constituées par l’accumulation
dans les neurones de protéine tau. Le peptide Aß
et la protéine tau sont des constituants normaux
de l’organisme et les raisons de leur accumulation
anormale ne sont pas élucidées. Le peptide
Aß est une partie d’une protéine plus
large qui est située à cheval sur la membrane
cellulaire (le précurseur du peptide amyloïde
ou APP). La protéine tau est liée aux microtubules
qui contribuent à constituer le « squelette
» de la cellule, c'est-à-dire lui donne sa
forme. Les deux types de lésions sont liés
mais d’une manière qui reste mal comprise.
Dans la plaque sénile (voir figure), un cœur
constitué d’une accumulation de peptide Aß
est entouré de prolongements nerveux chargés
de protéine tau. L’accumulation de protéine
tau dans les neurones peut se produire dans le corps cellulaire
du neurone où elle constitue la « dégénérescences
neurofibrillaire », dans l’axone qui entoure
le cœur de la plaque, ou dans les dendrites (les
« fibres tortueuses »).
Les lésions progressent de façon stéréotypée
dans le cerveau. La protéine tau est d’abord
localisée à l’hippocampe (une structure
essentielle à l’acquisition de nouveaux souvenirs),
puis touche des régions du cortex cérébral
impliquées dans le langage, le mouvement, la reconnaissance
visuelle etc. Le peptide Aß se dépose d’abord
dans ces régions du cortex cérébral,
puis dans l’hippocampe avant d’affecter les
régions sous-corticales.
La recherche dispose aujourd’hui de modèles
animaux de la maladie d’Alzheimer, principalement
des souris transgéniques chez lesquelles ont été
introduits les gènes humains mutés qui causent
l’apparition des dépôts de peptide
Aß. Ces animaux ont permis de mieux comprendre les
mécanismes qui conduisent aux lésions et
ont conduit les chercheurs à formuler des hypothèses.
Les modèles ne rendent-ils pas la recherche sur
les tissus humains obsolètes ? Pourquoi les échantillons
humains sont-ils encore nécessaires ? Les raisons
sont nombreuses : d’abord parce que les lésions
sont encore imparfaitement connues. Si le peptide Aß
et la protéine tau en sont les constituants principaux,
de nombreux composés y sont associés. Ces
partenaires pourraient jouer un rôle essentiel dans
la cascade de réactions qui aboutit au dysfonctionnement
du cerveau et aux troubles cognitifs. Ensuite parce que
tous les modèles actuels sont imparfaits : il est
impossible aujourd’hui de reconstituer la maladie
d’Alzheimer dans un tube à essai. Il faut
donc toujours confronter les résultats obtenus
par l’expérimentation avec les données
collectées chez l’homme. Enfin, il est clair
aujourd’hui que la maladie d’Alzheimer est
un nom attribué à des affections variées
et que les thérapeutiques devront être adaptées
aux causes. Dans les années qui viennent, il va
s’avérer nécessaire de déterminer
si et comment les nouvelles thérapeutiques modifient
les lésions. La collection d’échantillons
provenant de patients atteints de maladie Alzheimer pourrait
alors s’avérer particulièrement utile.
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