
La
sclérose en plaques
La
sclérose en plaques (SEP) est la plus fréquente
des maladies inflammatoires démyélinisantes
du système nerveux central (SNC). Elle touche
environ 80 000 personnes en France avec une incidence
de 2000 nouveaux cas par an. 70% de ces nouveaux cas
ont entre 20 et 40 ans, et deux tiers sont des femmes.
La SEP représente la deuxième cause de
handicap acquis de l’adulte jeune, après
les accidents de la route. Des informations complémentaires
sur la prise en charge et le traitement sont disponibles
sur le site web de l’Association pour la Recherche
sur la Sclérose en Plaques (ARSEP) : http://www.arsep.org/
La SEP est caractérisée par la destruction
de la gaine de myéline avec un respect relatif
des axones. Les zones de destruction de la myéline,
à contour net, sont dispersées dans le
SNC (dissémination spatiale) selon un mode évolutif
qui est typiquement caractérisé par des
poussées suivies de rémissions. Les lésions
récentes coexistent avec des lésions plus
anciennes (dissémination temporelle). Le retour
à la normale se fait de moins en moins complètement
au fur et à mesure de l’évolution,
aboutissant à une addition de handicaps. L’aggravation
peut devenir progressive sans rémission après
des années d’évolution par poussées
(formes secondairement progressives) ou être progressive
d’emblée (formes progressives primaires).
La myéline est détruite
par les macrophages dont le contenu permet de déterminer
l’âge de la plaque. Les infiltrats lymphocytaires
sont plus ou moins abondants et contiennent des lymphocytes
B et T en proportion variable. Les astrocytes présents
précocement dans la plaque évoluent vers
une gliose cicatricielle (décrite initialement
sous le nom de « sclérose ») tandis
que les oligodendrocytes se raréfient. Une couronne
de précurseurs oligodendrogliaux (le mur glial)
entoure la plaque, capable de produire une remyélinisation,
parfois spontanée, plus ou moins efficace. Aux
phénomènes de démyélinisation
et remyélinisation s’ajoute une perte axonale
dans les plaques aiguës et chroniques ainsi qu’à
distance des lésions de façon plus diffuse.
Cette perte axonale conditionne la sévérité
du handicap. Le mécanisme de cette perte axonale,
ainsi que sa relation avec la démyélinisation
est encore mal connu. Il semble pourtant qu’une
meilleure compréhension de cet aspect de la maladie
soit une clef de la prévention et de la réparation
du handicap.
Les différents modes évolutifs,
la variété des lésions dans lesquelles
peuvent prédominer les lymphocytes B (immunité
humorale), les lymphocytes T (immunité cellulaire),
la mobilisation des macrophages, la destruction des
oligodendrocytes par apoptose, la participation de phénomènes
ischémiques, mettent en question l’unicité
de la SEP.
Parmi les formes dans lesquelles l’immunité
humorale est prépondérante, la neuromyélite
optique (NMO ou maladie de Devic) a été
récemment reconnue comme une maladie distincte
de la SEP. Elle est en effet caractérisée
par des lésions de la moelle épinière
et du nerf optique, associées à la présence
d’anticorps spécifiques circulant dans
le sang et dirigés contre des composants du SNC
(les IgG-NMO).
L’encéphalomyélite
aiguë disséminée (EMAD, ou ADEM dans
la littérature scientifique internationale) est
une maladie démyélinisante évoluant
en quelques semaines après une infection virale
ou une vaccination. Les lésions sont très
inflammatoires, multiples et se développent toutes
en même temps autour des vaisseaux. Dans certains
cas, les lésions vont se chroniciser pour aboutir
à une véritable SEP.
La sclérose concentrique de Balò
est une forme pseudo tumorale de la maladie, dans laquelle
la lésion de démyélinisation peut
être unique. Elle est caractérisée
par une disposition concentrique, en cible ou en bulbe
d’oignon, de bandes de myéline séparées
par des bandes de démyélinisation. Observées
au microscope, ces lésions sont généralement
pauvres en lymphocytes. La perte des oligodendrocytes
par apoptose y prédomine. Néanmoins, là
encore, des lésions typiques de sclérose
concentrique de Balò sont décrites en
association avec des lésions typiques de SEP.
De nombreuses voies de recherche s’offrent
au neuropathologiste, qui tendent à mieux cerner
les causes et les mécanismes des maladies démyélinisantes.
Ces recherches sont par exemple dirigées vers
les mécanismes de la souffrance axonale, le rôle
des précurseurs des oligodendrocytes dans la
remyélinisation, l’impact de la réaction
inflammatoire sur le développement de la maladie.
L’étude du cerveau humain normal et atteint
de maladie démyélinisante, indispensable
à ces recherches, est rendue possible par le
programme de don pour la recherche.
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