Sclérose en Plaques

La Sclérose en plaques

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie inflammatoire du système nerveux central (SNC). Celui-ci comprend le cerveau, la moelle épinière et les nerfs optiques.

Le SNC est composé de différents types cellulaires dont les neurones et les oligodendrocytes. Les neurones sont composés d'un corps cellulaire et d'un prolongement, l'axone, entouré d'une gaine protectrice, la myéline. Cette gaine joue un rôle dans la survie de l'axone et permet une transmission rapide de l'information entre le cerveau et le reste du corps. Les oligodendrocytes sont les cellules permettant la fabrication de la gaine de myéline.

Dans la SEP, la myéline est la cible du processus pathologique. Celui-ci est déclenché par une réaction inflammatoire. A ce signal les macrophages détruisent la gaine de myéline, en respectant plus au moins l’axone au début. Les lésions de démyélinisation, généralement bien limitées, sont appelées plaques. Au fur et à mesure des poussées, les oligodendrocytes seront de moins en moins capables de réparer les gaines de myéline détériorées, les axones vont se raréfier, la plaque ancienne est le siège d’un tissu cicatriciel riche en astrocytes : c’est la gliose astrocytaire ou sclérose. L’étude des mécanismes cellulaires et tissulaires de la SEP cherchent à identifier les facteurs contrôlant la phase inflammatoire, facilitant la remyélinisation, protégeant les axones.

 

Gliose astrocytaire, imprégnation argentique X400.

Gliose astrocytaire, imprégnation argentique X400
Macrophages contenant des débris de myéline (bleus) au sein d’une plaque (méthode argentique de Bodian associée à une coloration par le bleu de Luxol , X400)

Macrophages contenant des débris de myéline (bleus) au sein d’une plaque (méthode argentique de Bodian associée à une coloration par le bleu de Luxol , X400)

Perte de myéline avec respect des axones en bordure de plaque (immunohistochimie de la MBP : Myelin Basic Protein, protéine de structure de la gaine de myéline).

Gliose astrocytaire, imprégnation argentique X400
La recherche sur la SEP explore les différents mécanismes impliqués à tous les stades de la maladie, parmi lesquels l'inflammation, la démyélinisation, la neurodégénérescence et la réparation. Cela notamment grâce à des modèles animaux, le plus connu et le plus utilisé étant l'encéphalite auto-immune expérimentale induite chez la souris ou les primates. Malgré une meilleure compréhension, due aux modèles animaux, des mécanismes d'inflammation et de réparation du système nerveux central (SNC), l'hétérogénéité de la SEP et ses conséquences à long terme sur le handicap nécessitent d'autres approches.

Pourquoi la recherche sur le tissu nerveux humain post mortem est-elle encore utile?


1. Les maladies démyélinisantes inflammatoires du système nerveux central ne se limitent pas à la SEP et l'observation des tissus humains permet de définir de nouvelles entités.

2 L’observation de tissus humains malades permet d’identifier des lésions jusqu’à présent non décrites et de développer de nouvelles hypothèses.

3. Tous les modèles sont incomplets. L'analyse des tissus humains reste essentielle et doit être confrontée aux données obtenues à partir de modèles expérimentaux.

4. De plus en plus de nouveaux médicaments sont proposés. L'un des défis contemporain est d'évaluer leur action sur les lésions et sur la réparation du système nerveux, de même que leurs éventuels effets secondaires. Une collection d'échantillons bien étudiés est essentielle pour améliorer l'approche thérapeutique.